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Syndrome d’Usher

Survol

Le syndrome d’Usher est une maladie génétique caractérisée par la perte de la vision et de l’audition. C’est la cause la plus commune de cécité associée à la surdité, soit 50 % des cas. Elle touche entre 4 et 17 personnes sur 100 000 [1]. Nommé d’après Charles Usher, un ophtalmologue écossais ayant été le premier à décrire précisément la pathologie de la maladie, le syndrome est caractérisé par une rétinite pigmentaire (RP) conduisant à une perte progressive de la vision, associée à des anomalies de l’oreille interne causant la perte de l’audition. Ces anomalies sont des lésions des cellules réceptrices (ou ciliées), conduisant à ce que l’on appelle une perte auditive « neurosensorielle ». La cochlée, située dans l’oreille interne, perd son aptitude à détecter les sons et à envoyer les informations appropriées au cerveau.

La perte de vision suit un schéma semblable à la perte auditive chez les personnes atteintes du syndrome d’Usher : comme c’est le cas pour certaines formes de RP, les cellules photoréceptrices meurent graduellement et ne sont plus en mesure d’envoyer efficacement l’information visuelle au cerveau. Les photorécepteurs en forme de bâtonnets sont généralement les premiers affectés, ce qui entraîne une perte de la vision périphérique, et éventuellement la perte des photorécepteurs en forme de cône responsables de la vision centrale et de la haute acuité visuelle. Les patients décrivent souvent le processus comme une vision étroite qui s’amenuise peu à peu.

On recense trois types du syndrome d’Usher, le type 1 étant le plus sévère et le type 3 le moins sévère (une description des symptômes par type se trouve dans la section « Symptômes et diagnostics » ci-après). Les mutations dans au moins six gènes peuvent mener au syndrome d’Usher de type 1, les plus communs étant les gènes MYO7A et CDH23; des mutations dans au moins trois gènes ont été observées pour le type 2, USH2A étant le plus commun; des mutations dans le gène CLRN1 se traduisent par le type 3 [2]. Dans tous les cas, les mutations empêchent la production de protéines essentielles au développement et au fonctionnement des cellules qui communiquent l’information éventuellement décodée par le cerveau, soit les cellules ciliées et les photorécepteurs pour l’audition et la vision respectivement.

Le contenu de cette page a été rédigé par les Drs Chad Andrews et Mary Sunderland. Il a été mis à jour le 23 août 2018. Une version antérieure du document a été approuvée par les Drs Patrick Yang et Bill Stell.

Le syndrome d’Usher se décline en trois types, chacun d’eux présentant une sévérité relative liée à la perte de l’audition, de la vision et de l’équilibre :

Type 1 Type 2 Type 3
Audition Surdité sévère des deux oreilles dès la naissance Perte d’audition de modérée à sévère dès la naissance, touchant habituellement les hautes fréquences Audition non affectée à la naissance, mais perte lente et progressive à partir de l’enfance ou de l’adolescence
Vision Perte de la vision lente et perte de la vision nocturne habituellement au cours de l’enfance Perte de la vision lente commençant par la perte de la vision nocturne tard dans l’enfance ou à l’adolescence Le moment et la sévérité de la perte de la vision varient, mais c’est souvent la vision nocturne qui est d’abord affectée à l’adolescence
Équilibre Problèmes d’équilibre dès la naissance Équilibre normal Problèmes légers d’équilibre dès la naissance et pouvant s’aggraver avec l’âge

D’après un tableau créé par l’U.S. National Institute on Deafness and Other Communication Disorders (NIDCD)[3]

En général, les parents d’enfants ayant le syndrome d’Usher remarquent d’abord, dès les premières années de vie, les signes d’une ouïe limitée. À ce stade, la perte de vision est faible, bien qu’il soit possible de détecter de subtils changements grâce à un examen de la vue. Lorsque la perte de la vision s’installe, les premiers signes sont les mêmes que pour la rétinite pigmentaire : en premier lieu la perte de la vision nocturne, suivie de la vision périphérique évoluant vers le rétrécissement du champ visuel.

Une perte auditive précoce peut être détectée et diagnostiquée à l’aide d’un dépistage audiologique standard, qui permet de déterminer la fréquence des sons que l’enfant peut entendre, ainsi que le volume de ces sons à telles fréquences pour qu’ils soient audibles. Les enfants sourds ou malentendants peuvent faire l’objet d’un dépistage du syndrome d’Usher de la façon suivante :

  • Électrorétinogramme (ERG) : il s’agit d’un examen pour mesurer la réponse électrique de la rétine à une stimulation lumineuse au niveau des photorécepteurs en bâtonnets et en cônes. Durant l’électrorétinogramme, la personne examinée est placée dans une pièce sombre pendant 30 minutes et reçoit des gouttes dans l’œil ou les yeux faisant l’objet de l’examen. On place ensuite un verre de contact spécial ou une fine électrode de fibre d’or sur l’œil ou la paupière inférieure, après quoi l’œil est exposé à des flashs.
  • Examen du champ visuel : cet examen vise à détecter et à mesurer les taches aveugles dans le champ de vision, et à suivre leur évolution. Le patient doit regarder dans un appareil émettant des points lumineux et indiquer ceux qu’il parvient à distinguer à l’écran. Les points non détectés sont relevés, ce qui permet de déterminer le degré de détérioration de la vision.
  • Tomographie par cohérence optique (TCO) : il s’agit d’une technique d’imagerie qui permet de capter des images numériques des différentes couches de la rétine. Le processus utilise les ondes lumineuses plutôt que les ondes acoustiques ou radio, ce qui explique la haute résolution.
  • Évaluation de l’équilibre : il est possible de recourir à des tests pour évaluer l’équilibre d’un enfant et clarifier le diagnostic.
  • Dépistage génétique : bien que ce ne soit pas un examen traditionnel, le dépistage génétique est essentiel au diagnostic. Il permet de déterminer le ou les gènes ayant subi une mutation, ainsi que les facteurs héréditaires en cause.

Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement ou soin curatif pour le syndrome d’Usher. Une thérapie génique pour une forme rare de rétinite pigmentaire a cependant été approuvée par la FDA à la fin de 2017 et est maintenant sur le marché aux États-Unis. Appelée Luxturna, la thérapie peut stopper la perte de vision, voire rétablir la vision en partie chez des personnes présentant une mutation biallélique du gène RPE65 (se traduisant par une rétinite pigmentaire ou l’amaurose congénitale de Leber). L’autorisation et l’avènement de Luxturna montrent que des thérapies géniques similaires pourraient servir à traiter d’autres maladies génétiques dans le futur, notamment le syndrome d’Usher.

À LIRE : NOTRE ARTICLE CONSACRÉ À L’APPROBATION DE LUXTURNA

Les essais cliniques sont une dimension essentielle du processus scientifique de mise au point de nouveaux traitements : ils permettent de valider la viabilité et l’innocuité de techniques et de médicaments expérimentaux, aussi appelés « interventions », sur l’humain. Participer à un essai clinique n’offre pas forcément des bienfaits sur le plan médical, mais certains patients ont effectivement de bons résultats après avoir reçu un traitement expérimental.

À LIRE :NOTRE GUIDE SUR LES ESSAIS CLINIQUES

Le site Web clinicaltrials.gov, administré par les National Institutes of Health des États-Unis, propose une base de données centralisée des essais cliniques réalisés à l’échelle mondiale. Comme l’indique la clause de non-responsabilité sur la page d’accueil, rien ne garantit qu’un essai clinique répertorié ait fait l’objet d’un examen ou d’une approbation préalable, puisque les NIH n’en vérifient pas le contenu. Il pourrait donc s’y trouver de faux essais ou des essais hasardeux qui cherchent à recruter des patients vulnérables. Si vous envisagez de participer à un essai clinique, il est important d’en discuter avec votre ophtalmologue et de lire attentivement les critères de participation. Pour parcourir les essais cliniques qui s’offrent à vous, cliquez sur le bouton ci-dessous.

ESSAIS CLINIQUES POUR LE SYNDROME D’USHER

Pour les patients atteints d’une maladie héréditaire de la rétine (une maladie causée par une mutation génétique), participer à un essai clinique est peut-être la prochaine étape logique envisagée (voir la description d’essais cliniques ci-dessus). Or, au Canada, il n’y a pas de mécanisme centralisé pour guider la participation à un essai. Partant, Vaincre la cécité Canada a créé une base de données médicale sûre concernant les patients canadiens atteints d’une maladie rétinienne héréditaire, un outil que nous appelons Registre des patients.

S’inscrire au Registre des patients, c’est enrichir de vos renseignements cette base de données canadienne essentielle qui peut vous donner accès à des essais cliniques adaptés. Il reste que l’offre d’essais cliniques pertinents repose sur un certain nombre de facteurs; l’inscription à cet outil ne vient ainsi avec aucune garantie, mais vous pourrez avoir accès à des occasions appropriées. C’est aussi une façon de vous faire entendre : plus il y aura de patients inscrits au registre, mieux vous signifierez aux décideurs l’importance de mettre au point de nouveaux traitements des maladies héréditaires de la rétine. Le Registre des patients sert aussi à catalyser plus de recherches pour préserver la vue!

Cliquez sur le lien ci-dessous pour vous inscrire au Registre des patients.

INSCRIPTION AU REGISTRE DE PATIENTS

Résolue à faire avancer la recherche la plus prometteuse pour préserver la vue, Vaincre la cécité Canada (VCC) a investi plus de 33 millions de dollars dans la recherche de pointe depuis sa fondation. De plus, sachant que la recherche est liée aux cadres politiques, VCC participe aussi activement aux activités entourant les politiques de santé partout au Canada.

Plusieurs groupes de recherche mettent au point des traitements contre l’achromatopsie. Les traitements expérimentaux peuvent être divisés en trois grandes catégories :

  • traitements préventifs
  • traitements correctifs
  • traitements pour recouvrer la vue

Les traitements préventifs visent à stopper (ou, du moins, à ralentir) les lésions causées par les mutations génétiques. Souvent, les traitements préventifs ne ciblent pas une seule mutation et peuvent être utiles contre différents types génétiques d’achromatopsie. Parmi ces traitements, certains stoppent le processus d’apoptose (mort) des photorécepteurs. D’autres, les thérapies dérivées des cellules, contribuent à la survie des photorécepteurs.

Certains traitements préventifs actuellement mis au point (avec le soutien financier de VCC) visent précisément à prévenir la mort des cellules coniques, ce qui pourrait représenter un traitement très bénéfique pour les personnes atteintes d’achromatopsie.

Les traitements correcteurs visent à inverser le défaut génétique sous-jacent qui cause la perte de vision. Si ces traitements s’avèrent efficaces, ils pourraient prévenir complètement la perte de vision chez une personne traitée dès le diagnostic. Les traitements correcteurs pourraient aussi ralentir l’évolution de la maladie chez les personnes dont la vision est déjà touchée, surtout aux premiers stades de la maladie. Les traitements correcteurs actuellement élaborés ciblent certaines formes génétiques de l’achromatopsie. Les thérapies géniques, qui remplacent un gène qui ne fonctionne plus, sont un type de traitement correcteur. Des essais cliniques sur des thérapies géniques pour les deux principales formes d’achromatopsie (CNGA3 et CNGB3) sont en cours. Heureusement, les patients canadiens sont acceptés dans plusieurs de ces essais. Veuillez consulter la section sur les essais cliniques pour en savoir plus et pour participer.

Les traitements de restauration de la vue sont un autre domaine où la recherche est de plus en plus fructueuse. Ces traitements sont destinés aux personnes qui ont déjà perdu la vue complètement ou presque complètement. Les thérapies à base de cellules souches visent à remplacer les photorécepteurs rétiniens disparus. Les résultats préliminaires des essais de ces thérapies par cellules souches pour d’autres maladies dégénératives de la rétine sont prometteurs. Les prothèses rétiniennes comme Argus II, ou « œil bionique », utilisent la technologie informatique pour générer la vision. Vaincre la cécité Canada a soutenu le premier essai canadien d’Argus II et continue à travailler de près avec des spécialistes des politiques de santé partout au pays afin que les patients qui pourraient bénéficier de la prothèse Argus II aient accès à ce traitement novateur. Des pharmacothérapies et des thérapies géniques également mises au point pourraient donner aux cellules nerveuses non photoréceptrices de la rétine la capacité de percevoir la lumière.

Grâce à nos généreux donateurs, nous finançons des recherches d’avant‐garde dans ces domaines. Cliquez sur le lien ci-dessous pour consulter la liste de tous les projets que VCC soutient financièrement.

RECHERCHE FINANCÉE PAR VCC

Au bas de cette page Web (ou ci-contre), vous trouverez une liste régulièrement mise à jour d’articles qui relatent l’évolution de la recherche et des politiques de santé pour les personnes atteintes d’achromatopsie.

Cette page vous donne de l’information sur l’achromatopsie, mais Vaincre la cécité Canada a préparé d’autres ressources utiles pour naviguer de façon optimale dans les soins de la vue. Le lien ci-dessous mène à nos ressources incontournables : vous y trouverez de l’information sur le dépistage génétique, les essais cliniques, la recherche sur les cellules souches, un lien vers Vision Quest (activités éducatives en présentiel de VCC) et plus encore. La liste sera enrichie de nouvelles ressources au fil du temps.

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