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Rétinoschisis lié à l’X

Survol

Le rétinoschisis lié à l’X est une maladie génétique se traduisant par une perte de la vision, dont les premiers signes apparaissent durant la petite enfance (la maladie porte parfois le nom de « rétinoschisis juvénile » en raison de sa survenue précoce). Comme pour d’autres maladies liées au chromosome X, par exemple la choroïdérémie, cette affection touche presque exclusivement les hommes. Dans la majorité des cas, la maladie est due à une mutation du gène RS1, situé sur le chromosome X. Étant donné que les hommes possèdent généralement deux types de chromosomes (XY), il leur suffit d’une mutation du RS1 pour développer la maladie. Les femmes possèdent deux chromosomes identiques (XX) et disposent donc d’une seconde version du RS1 sur le chromosome supplémentaire. Les deux versions du gène doivent muter pour que la maladie se déclare chez les femmes, ce qui s’avère beaucoup plus rare. Selon le National Institutes of Health, le rétinoschisis lié à l’X touche environ 1 homme sur 5000 à 25 000 dans le monde. [1]

Le gène RS1 est responsable de la fabrication de la rétinoschisine, une protéine essentielle à la santé et au bon fonctionnement de la rétine, le tissu photosensible tapissant le fond de l’œil. Faute d’une quantité suffisante de rétinoschisine, de petites lésions ou déchirures apparaissent dans la macula ou le long des contours extérieurs de la rétine (« rétinoschisis » signifie « décollement de la rétine »), adoptant souvent l’aspect d’une roue ou de rayons et pouvant causer un épaississement anormal de la rétine. Des déchirures dans la macula, la région centrale de la rétine, entraînent une détérioration de la vision fovéale et détaillée. Des déchirures le long des contours de la rétine entraînent quant à elles une détérioration de la vision périphérique. Environ la moitié des patients souffrant de rétinoschisis lié à l’X subissent une perte de la vision fovéale, l’autre moitié témoignant d’une perte de la vision périphérique.

De rares personnes atteintes de la maladie ne sont pas porteuses d’une mutation du gène RS1; chez elles, la cause génétique de la maladie demeure inconnue. Des recherches visant à déterminer les facteurs génétiques responsables sont en cours.

[1] https://ghr.nlm.nih.gov/condition/x-linked-juvenile-retinoschisis#statistics

Le contenu de cette page a été rédigé par le Dr Chad Andrews et la Dre Mary Sunderland, et mis à jour le 23 août 2018. Le Dr Kevin Gregory-Evans en avait approuvé une version antérieure.

On détecte généralement les symptômes du rétinoschisis lié à l’X au moment où un garçon entre à l’école primaire. Dans les familles où la maladie est héréditaire, il est d’usage d’effectuer des examens génétiques précoces afin d’établir un diagnostic. En cas de mutation du gène RS1, les examens sont en mesure de déterminer celle-ci avec une très haute précision, et ce, 95 % du temps. La perte générale de la vision et la difficulté à voir de manière détaillée constituent les symptômes les plus courants, en particulier si la macula est touchée. La vision périphérique peut être obscurcie si les contours extérieurs de la rétine sont affectés. Chez certains garçons, on observe en outre un nystagmus (mouvements latéraux rapides et involontaires de l’œil) et un strabisme (déviation convergente ou divergente des yeux). Par conséquent, la maladie est parfois diagnostiquée à tort comme une amblyopie (œil paresseux).

Chez les garçons atteints, la perte de la vision tend à se stabiliser à l’âge adulte, et ce, jusqu’à la cinquantaine ou la soixantaine. La maladie se traduit rarement par une perte totale de la vision, mais elle augmente les risques de graves complications oculaires, par exemple le décollement de la rétine et des saignements dans le corps vitré de l’œil. Si les femmes porteuses d’une mutation du gène RS1 sont beaucoup moins susceptibles de présenter ces symptômes, certaines courent un risque accru de subir une perte de la vision, surtout de la vision périphérique, en vieillissant.

Un ophtalmologiste peut détecter l’apparition d’un rétinoschisis grâce à un simple examen de la vue, en particulier si des déchirures en forme de roue sont visibles dans la macula. Plusieurs examens permettent de préciser et de confirmer le diagnostic :

  • Électrorétinogramme (ERG) : il s’agit d’un examen pour mesurer la réponse électrique de la rétine à une stimulation lumineuse au niveau des photorécepteurs en bâtonnets et en cônes. Même si autant les bâtonnets que les cônes peuvent être touchés chez les personnes atteintes de RP, ce sont les bâtonnets qui présentent les changements les plus flagrants au début de la maladie. Cette tendance caractéristique peut aider à diagnostiquer la maladie. Durant l’électrorétinogramme, la personne examinée est placée dans une pièce sombre pendant 30 minutes et reçoit des gouttes dans l’œil ou les yeux faisant l’objet de l’examen. On place ensuite une lentille cornéenne spéciale ou une fine électrode de fibre d’or sur l’œil ou la paupière inférieure, après quoi l’œil est exposé à des flashs.
  • Tomographie par cohérence optique (TCO) : il s’agit d’une technique d’imagerie qui permet de capter des images numériques des différentes couches de la rétine. Le processus utilise les ondes lumineuses plutôt que les ondes acoustiques ou radio, ce qui explique la haute résolution.
  • Examen du champ visuel : cet examen vise à détecter et à mesurer les taches aveugles dans le champ de vision, et à suivre leur évolution. Le patient doit regarder dans un appareil émettant des points lumineux et indiquer ceux qu’il parvient à distinguer à l’écran. Les points non détectés sont relevés, ce qui permet de déterminer le degré de détérioration de la vision.
  • Consultation génétique : bien qu’il ne s’agisse pas d’un examen traditionnel, la consultation génétique est essentielle à l’élaboration d’un diagnostic. Elle permet de déterminer le ou les gènes ayant subi une mutation, ainsi que les facteurs héréditaires en cause.

Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement ou soin curatif pour le rétinoschisis lié à l’X. Cependant, une thérapie génique pour une forme rare de rétinite pigmentaire a été approuvée par le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) fin 2007 et est désormais proposée aux États-Unis. Appelée Luxturna, cette thérapie pourrait freiner la perte de la vision et même permettre à des personnes porteuses d’une mutation biallélique du gène RPE65 (entraînant soit une rétinite pigmentaire, soit une amaurose congénitale de Leber) de recouvrer partiellement la vue. Si le rétinoschisis lié à l’X est dû à une mutation du gène lié à l’X RS1, et non du RPE65, l’approbation et la mise en marché de Luxturna constituent la preuve que des thérapies géniques similaires pourraient servir à traiter d’autres maladies génétiques à l’avenir, dont le rétinoschisis lié à l’X.

À LIRE : NOTRE ARTICLE CONSACRÉ À L’APPROBATION DE LUXTURNA

Grâce au financement de VCC, une équipe de scientifiques dirigée par le Dr Robert Molday à l’Université de la Colombie-Britannique a mené d’importantes recherches sur le rétinoschisis lié à l’X, qui ont ouvert la voie aux thérapies géniques actuellement à l’essai.

Les essais cliniques sont une dimension essentielle du processus scientifique de mise au point de nouveaux traitements : ils permettent de tester la viabilité et l’innocuité de techniques et de médicaments expérimentaux, aussi appelés « interventions », sur l’humain. Participer à un essai clinique n’offre pas forcément des bienfaits sur le plan médical, mais certains patients ont effectivement de bons résultats après avoir reçu un traitement expérimental.

À LIRE : NOTRE GUIDE SUR LES ESSAIS CLINIQUES

Le site Web clinicaltrials.gov est une base de données centrale des essais cliniques offerts partout dans le monde. Comme l’indique cependant l’avertissement sur la page d’accueil du site, il n’est pas garanti qu’un essai figurant dans la base ait fait l’objet d’un examen ou d’une autorisation – le National Institutes of Health exploite le site, mais ne passe pas son contenu au crible. C’est dire que des pseudos essais ou des essais dangereux exploitant les patients peuvent s’y retrouver. Il faut donc consulter votre ophtalmologiste avant de participer à un essai clinique et vérifier attentivement les critères de participation.

Pour découvrir ce que propose le site, cliquez sur le bouton ci-dessous, qui vous redirigera vers clinicaltrials.gov, et lancez une recherche pour trouver les essais s’adressant aux patients atteints du rétinoschisis lié à l’X.

ESSAIS CLINIQUES POUR LE RÉTINOSCHISIS LIÉ À L’X

Pour les patients atteints d’une maladie héréditaire de la rétine (une maladie causée par une mutation génétique), participer à un essai clinique est peut-être la prochaine étape logique envisagée (voir la description d’essais cliniques ci-dessus). Or, au Canada, il n’y a pas de mécanisme centralisé pour guider la participation à un essai. Partant, Vaincre la cécité Canada a créé une base de données médicale sûre concernant les patients canadiens atteints d’une maladie rétinienne héréditaire, un outil que nous appelons Registre des patients.

S’inscrire au Registre des patients, c’est enrichir de vos renseignements cette base de données canadienne essentielle qui peut vous donner accès à des essais cliniques adaptés. Il reste que l’offre d’essais cliniques pertinents repose sur un certain nombre de facteurs; l’inscription à cet outil ne vient ainsi avec aucune garantie, mais vous pourrez avoir accès à des occasions appropriées. C’est aussi une façon de vous faire entendre : plus il y aura de patients inscrits au registre, mieux vous signifierez aux décideurs l’importance de mettre au point de nouveaux traitements des maladies héréditaires de la rétine. Le Registre des patients sert aussi à catalyser plus de recherches pour préserver la vue!

Cliquez sur le lien ci-dessous pour vous inscrire au Registre des patients.

INSCRIPTION AU REGISTRE DE PATIENTS

Résolue à faire avancer la recherche la plus prometteuse pour préserver la vue, Vaincre la cécité Canada (VCC) a investi plus de 33 millions de dollars dans la recherche de pointe depuis sa fondation. De plus, sachant que la recherche est liée aux cadres politiques, VCC participe aussi activement aux activités entourant les politiques de santé partout au Canada.

Plusieurs groupes de recherche mettent au point des traitements contre l’achromatopsie. Les traitements expérimentaux peuvent être divisés en trois grandes catégories :

  • traitements préventifs
  • traitements correctifs
  • traitements pour recouvrer la vue

Les traitements préventifs visent à stopper (ou, du moins, à ralentir) les lésions causées par les mutations génétiques. Souvent, les traitements préventifs ne ciblent pas une seule mutation et peuvent être utiles contre différents types génétiques d’achromatopsie. Parmi ces traitements, certains stoppent le processus d’apoptose (mort) des photorécepteurs. D’autres, les thérapies dérivées des cellules, contribuent à la survie des photorécepteurs.

Certains traitements préventifs actuellement mis au point (avec le soutien financier de VCC) visent précisément à prévenir la mort des cellules coniques, ce qui pourrait représenter un traitement très bénéfique pour les personnes atteintes d’achromatopsie.

Les traitements correcteurs visent à inverser le défaut génétique sous-jacent qui cause la perte de vision. Si ces traitements s’avèrent efficaces, ils pourraient prévenir complètement la perte de vision chez une personne traitée dès le diagnostic. Les traitements correcteurs pourraient aussi ralentir l’évolution de la maladie chez les personnes dont la vision est déjà touchée, surtout aux premiers stades de la maladie. Les traitements correcteurs actuellement élaborés ciblent certaines formes génétiques de l’achromatopsie. Les thérapies géniques, qui remplacent un gène qui ne fonctionne plus, sont un type de traitement correcteur. Des essais cliniques sur des thérapies géniques pour les deux principales formes d’achromatopsie (CNGA3 et CNGB3) sont en cours. Heureusement, les patients canadiens sont acceptés dans plusieurs de ces essais. Veuillez consulter la section sur les essais cliniques pour en savoir plus et pour participer.

Les traitements de restauration de la vue sont un autre domaine où la recherche est de plus en plus fructueuse. Ces traitements sont destinés aux personnes qui ont déjà perdu la vue complètement ou presque complètement. Les thérapies à base de cellules souches visent à remplacer les photorécepteurs rétiniens disparus. Les résultats préliminaires des essais de ces thérapies par cellules souches pour d’autres maladies dégénératives de la rétine sont prometteurs. Les prothèses rétiniennes comme Argus II, ou « œil bionique », utilisent la technologie informatique pour générer la vision. Vaincre la cécité Canada a soutenu le premier essai canadien d’Argus II et continue à travailler de près avec des spécialistes des politiques de santé partout au pays afin que les patients qui pourraient bénéficier de la prothèse Argus II aient accès à ce traitement novateur. Des pharmacothérapies et des thérapies géniques également mises au point pourraient donner aux cellules nerveuses non photoréceptrices de la rétine la capacité de percevoir la lumière.

Grâce à nos généreux donateurs, nous finançons des recherches d’avant‐garde dans ces domaines. Cliquez sur le lien ci-dessous pour consulter la liste de tous les projets que VCC soutient financièrement.

RECHERCHE FINANCÉE PAR VCC

Au bas de cette page web (ou ci-contre), vous trouverez une liste évolutive d’articles qui relatent l’évolution de la recherche et des politiques de santé pour les personnes atteintes d’achromatopsie.

Cette page vous donne de l’information sur l’achromatopsie, mais Vaincre la cécité Canada a préparé d’autres ressources utiles pour naviguer de façon optimale dans les soins de la vue. Le lien ci-dessous mène à nos lectures essentielles : vous y trouverez de l’information sur le dépistage génétique, les essais cliniques, la recherche sur les cellules souches, un lien vers Vision Quest (activités éducatives en présentiel de VCC) et plus encore. La liste sera enrichie de nouvelles ressources au fil du temps.

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