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Amaurose congénitale de Leber

Survol

L’amaurose congénitale de Leber (ACL) est une maladie génétique qui cause une déficience visuelle grave dès la naissance ou en très bas âge. La maladie doit son nom à Theodor Karl Gustav von Leber, l’ophtalmologiste allemand qui l’a décrite pour la première fois dans un article publié en 1869. Dès le départ, Leber décrivait la maladie comme une forme rare de rétinite pigmentaire (RP), ce que l’on admet encore aujourd’hui. L’ACL est unique à bien des égards; ses symptômes se manifestent souvent néanmoins dès les premières semaines ou les premiers mois après la naissance, et la perte de vision est plus rapide et plus grave, comparativement à la lente détérioration observée dans les autres formes de RP. La prévalence de l’ACL est plus faible que celle de la RP, touchant environ entre 1 personne sur 33 330 et 1 personne sur 50 000[1].

L’ACL est le résultat de la mutation d’un gène dans un lot d’au moins 17 gènes différents, ce pourquoi il s’agit d’une maladie dite « génétique » ou « héréditaire ». Selon le gène ou les gènes ayant muté, différentes structures de la rétine seront touchées. Dans tous les cas de figure, cependant, la capacité de la rétine à se développer et à fonctionner adéquatement est inhibée. Dans certains cas, par exemple, les photorécepteurs – les cellules rétiniennes photosensibles qui convertissent la lumière en messages pour le cerveau – ne transmettent plus les signaux électriques correctement, ce qui entraîne un déficit visuel grave.

Le contenu de cette page a été rédigé par les docteurs Chad Andrews et Mary Sunderland, et a été mis à jour le 23 août 2018. Une version antérieure avait été approuvée par le Dr Robert Koenekoop.

Comme il est mentionné ci-dessus, les symptômes de l’ACL se manifestent typiquement très tôt chez l’enfant, après quelques semaines ou mois de vie à peine. Les parents peuvent constater que l’enfant ne fixe pas son attention sur les choses dans son environnement ou observer une oscillation de ses globes appelée « nystagmus ». Certains enfants vont même jusqu’à pousser ou appuyer sur leurs yeux avec les doigts ou le poing. Durant un examen la vue, la rétine de l’enfant peut avoir l’air normale, mais des examens plus poussés révéleront que l’œil et le cerveau ne communiquent pas correctement.

En général, l’enfant atteint d’ACL a une perte de vision grave inférieure ou égale à 20/400, ce qui signifie qu’il voit à 20 pieds ce qu’une personne ayant une vision « normale » peut voir à 400 pieds. Certains enfants ne perçoivent que le contraste lumière/obscurité et d’autres, moins nombreux, n’ont aucune vision.

Certains syndromes génétiques rares causent une perte de vision chez le jeune enfant comme dans l’ACL, notamment le syndrome d’Alström, la maladie de Batten, le syndrome de Joubert et les maladies peroxysomales (syndrome de Zellweger et maladie de Refsum). Les enfants atteints de ces maladies ont une perte de vision similaire à celle qu’occasionne l’ACL et présentent d’autres troubles physiques ou mentaux. L’enfant véritablement atteint d’ACL (et non de l’un des syndromes mentionnés ci-dessus) peut, dans de rares cas, être plus à risque de développer une maladie rénale que les autres enfants. Comparativement à la population générale, toutefois, il n’est pas plus à risque d’autisme ou de présenter un handicap intellectuel.

L’ophtalmologiste peut suspecter une ACL sur la base des symptômes de l’enfant et des résultats d’un simple examen de la vue. Il peut valider son diagnostic au moyen de deux examens :

  • ERG (électrorétinographie) : Il s’agit d’un examen pour mesurer la réponse électrique de la rétine à une stimulation lumineuse au niveau des photorécepteurs en bâtonnets et en cônes. Durant l’électrorétinographie, la personne examinée est placée dans une pièce sombre pendant 30 minutes et reçoit des gouttes dans l’œil ou les yeux faisant l’objet de l’examen. On place ensuite un verre de contact spécial ou une électrode à pellicule d’or sur l’œil ou la paupière inférieure, après quoi l’œil est exposé à des points lumineux.
  • TCO (tomographie par cohérence optique) : Il s’agit d’une technique d’imagerie qui permet de capter des images numériques des différentes couches de la rétine. Le processus utilise les ondes lumineuses plutôt que les ondes acoustiques ou radio, ce pourquoi les images sont en haute résolution.
  • Consultation génétique : Bien qu’il ne s’agisse pas d’un examen au sens traditionnel du terme, la consultation génétique est une partie importante du processus diagnostique. Elle peut aider à déterminer le gène ou les gènes ayant subi une mutation, de même que les facteurs héréditaires en cause.

À LIRE : NOTRE GUIDE SUR LES ESSAIS CLINIQUES

Deux traitements novateurs sont présentement offerts pour certaines formes d’ACL : une thérapie génique, Luxturna, et la prothèse rétinienne Argus II. La thérapie génique appelée Luxturna, qui peut stopper la perte de vision, voire rétablir la vision en partie chez des personnes présentant une mutation biallélique du gène RPE65 (se traduisant par une rétinite pigmentaire ou l’ACL), a été approuvée par la FDA en 2017 et est actuellement offerte aux patients aux États-Unis. Même si les personnes ayant cette mutation génique ne représentent qu’une partie des gens atteints d’ACL, l’efficacité médicale et l’avènement même de Luxturna comme produit pharmaceutique montrent néanmoins le grand potentiel des thérapies géniques pour traiter d’autres formes d’ACL dans le futur.

À LIRE : NOTRE ARTICLE SUR L’APPROBATION DE LUXTURNA

Les prothèses rétiniennes comme Argus II, ou « œil bionique », utilisent la technologie informatique pour générer la vision – l’un des premiers Canadiens à avoir reçu la prothèse Argus II est atteint d’ACL. Vaincre la cécité Canada (VCC) a soutenu le premier essai canadien d’Argus II et continue à travailler de près avec des spécialistes des politiques de santé partout au pays afin que les patients qui pourraient bénéficier de la prothèse Argus II aient accès à ce traitement novateur. La prothèse Argus II est en voie d’être financée par l’État et offerte aux patients de l’Ontario en 2018. VCC rencontre d’ailleurs des intervenants clés partout au Canada pour faire en sorte que ce traitement qui change une vie soit offert à ceux qui pourraient en bénéficier.

Les essais cliniques sont une dimension essentielle du processus scientifique de mise au point de nouveaux traitements : ils permettent de tester la viabilité et l’innocuité de techniques et de médicaments expérimentaux, aussi appelés « interventions », sur l’humain. Participer à un essai clinique n’offre pas forcément des bienfaits sur le plan médical, mais certains patients ont effectivement de bons résultats après avoir reçu un traitement expérimental.

À LIRE : NOTRE GUIDE SUR LES ESSAIS CLINIQUES

Le site Web clinicaltrials.gov est une base de données centrale des essais cliniques offerts partout dans le monde. Comme l’indique cependant l’avertissement sur la page d’accueil du site, il n’est pas garanti qu’un essai figurant dans la base ait fait l’objet d’un examen ou d’une autorisation – le National Institutes of Health exploite le site, mais ne passe pas son contenu au crible. C’est dire que des pseudos essais ou des essais dangereux exploitant les patients peuvent s’y retrouver. Il faut donc consulter votre ophtalmologiste avant de participer à un essai clinique et vérifier attentivement les critères de participation.

Si vous souhaitez y explorer les possibilités, cliquez sur le lien ci-dessous; il vous mènera au site clinicaltrials.gov, où vous pourrez faire une recherche sur les essais pertinents destinés aux patients atteints d’ACL.

ESSAIS CLINIQUES SUR L’ACL

Pour les patients atteints d’une maladie héréditaire de la rétine (une maladie causée par une mutation génétique) comme l’ACL, participer à un essai clinique est peut-être la prochaine étape logique envisagée (voir la description d’essais cliniques ci-dessus). Or, au Canada, il n’y a pas de mécanisme centralisé pour guider la participation à un essai. Partant, Vaincre la cécité Canada a créé une base de données médicale sûre concernant les patients canadiens atteints d’une maladie rétinienne héréditaire, un outil que nous appelons Registre des patients.

S’inscrire au Registre des patients, c’est enrichir de vos renseignements cette base de données canadienne essentielle qui peut vous donner accès à des essais cliniques adaptés. Il reste que l’offre d’essais cliniques pertinents repose sur un certain nombre de facteurs; l’inscription à cet outil ne vient ainsi avec aucune garantie, mais vous pourrez avoir accès à des occasions appropriées. C’est aussi une façon de vous faire entendre : plus il y aura de patients inscrits au registre, mieux vous signifierez aux décideurs l’importance de mettre au point de nouveaux traitements des maladies héréditaires de la rétine. Le Registre des patients sert aussi à catalyser plus de recherches pour préserver la vue!

Cliquez sur le lien ci-dessous pour vous inscrire au Registre des patients.

INSCRIPTION AU REGISTRE DE PATIENTS

Résolue à faire avancer la recherche la plus prometteuse pour préserver la vue, Vaincre la cécité Canada (VCC) a investi plus de 33 millions de dollars dans la recherche de pointe depuis sa fondation. De plus, sachant que la recherche est liée aux cadres politiques, VCC participe aussi activement aux activités entourant les politiques de santé partout au Canada.

Plusieurs groupes de recherche mettent au point des traitements contre la RP. Les traitements expérimentaux peuvent être divisés en trois grandes catégories :

  • traitements préventifs
  • traitements correctifs
  • traitements pour recouvrer la vue

Les traitements préventifs visent à stopper (ou, du moins, à ralentir) les lésions causées par les mutations génétiques. Souvent, les traitements préventifs ne ciblent pas une seule mutation et peuvent être utiles contre différents types génétiques d’ACL. Parmi ces traitements, certains stoppent le processus d’apoptose (mort) des photorécepteurs. D’autres, les thérapies dérivées des cellules, contribuent à la survie des photorécepteurs.

Certains traitements préventifs visent précisément à prévenir la mort des cellules coniques dans l’ACL, pour ainsi empêcher la perte de vision centrale.

Les traitements correcteurs visent à inverser le défaut génétique sous-jacent qui cause la perte de vision. Si ces traitements s’avèrent efficaces, ils pourraient prévenir complètement la perte de vision chez une personne traitée dès le diagnostic. Les traitements correcteurs pourraient aussi ralentir l’évolution de la maladie chez les personnes dont la vision est déjà touchée, surtout aux premiers stades de la maladie. Les traitements correcteurs actuellement élaborés ciblent certaines formes génétiques d’ACL. Les thérapies géniques, qui remplacent un gène qui ne fonctionne plus, sont un type de traitement correcteur. Par exemple, c’est ainsi que fonctionne Luxturna, une thérapie génique approuvée par la FDA destinée aux personnes atteintes d’ACL causée par une mutation biallélique du gène RPE65. Des essais cliniques sur des thérapies géniques pour plusieurs formes d’ACL sont en cours, et les résultats jusqu’ici sont encourageants.

Les traitements de restauration de la vue sont un autre domaine où la recherche est de plus en plus fructueuse. Ces traitements sont destinés aux personnes qui ont déjà perdu la vue complètement ou presque complètement. Les thérapies à base de cellules souches visent à remplacer les photorécepteurs rétiniens disparus. Les résultats préliminaires des essais de ces thérapies par cellules souches pour d’autres maladies dégénératives de la rétine sont prometteurs. Des pharmacothérapies et des thérapies géniques également mises au point pourraient donner aux cellules nerveuses non photoréceptrices de la rétine la capacité de percevoir la lumière.

Grâce à nos généreux donateurs, nous finançons des recherches d’avant‐garde dans ces domaines. Cliquez sur le lien ci-dessous pour consulter la liste de tous les projets que VCC soutient financièrement.

RECHERCHE FINANCÉE PAR VCC

Au bas de cette page web, vous trouverez une liste évolutive d’articles qui relatent l’évolution de la recherche et des politiques de santé pour les personnes atteintes d’ACL.

Cette page vous donne de l’information sur l’amaurose congénitale de Leber, mais Vaincre la cécité Canada a préparé d’autres ressources utiles pour naviguer de façon optimale dans les soins de la vue. Le lien ci-dessous mène à nos lectures essentielles : vous y trouverez de l’information sur le dépistage génétique, les essais cliniques, la recherche sur les cellules souches, un lien vers Vision Quest (activités éducatives en présentiel de VCC) et plus encore. La liste sera enrichie de nouvelles ressources au fil du temps.

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